A Ouagadougou, des projets littéraires africains en maturation

A Ouagadougou, des projets littéraires africains en maturation

www.noocultures.info – Le Goethe Institut de Ouagadougou a lancé en 2019 un appel à projet pour une résidence d’écriture panafricaine. Ouvert aux auteurs de tous genres littéraires, le programme entend contribuer à l’émergence de la littérature en Afrique. Le jeudi 25 février 2021, la sortie de la seconde résidence, sur les trois prévues, s’est tenue au siège dudit institut.

Durant tout le mois de février, l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest se sont retrouvés à Ouagadougou pour des moments de partages, de  création et de réflexion en vue de murir les projets. 1, 2 et 3  silence ! Les projecteurs se posent  délicatement en premier sur la Zambie avec Masiyaleti Mbewe. Son roman «UZA’PYA» qui signifie «Vous brûlerez», compte nous emporter dans un univers de science-fiction où le présent et le futur font bon ménage.

Ensuite nous basculons dans la vie de «les aventures de Jokouka, le p’tit peintre». Cette bande dessinée du togolais Adokoé Adotévi-Akué raconte l’histoire de Jokouka, un adolescent bègue, qui œuvre à la sauvegarde de la planète. C’est une série de 8 albums qui entend montrer que l’Afrique détient également la solution contre le réchauffement climatique.

Enfin, ce festin littéraire se termine par un dessert aux multiples saveurs. Il s’agit du recueil d’essai dont le titre provisoire est “L’œil africain : essais pour une NOUVELLE perspective”. La Serra Leonaise vivant au Burkina Faso, Yarri Kamara nous sert une diversité de thèmes mondiaux et africains. Ainsi, du côté mondial nous avons, le changement climatique, l’intelligence artificielle, la migration et la démographie. Pour la spécialité africaine, nous retrouvons,  le poids du nom, les consommateurs africains et la relation des africains avec les cheveux naturels des femmes.

Ecrire c’est se dévoiler

Toutes ces histoires, loin d’être des fictions, sont inspirés de vécus des auteurs. En effet, Masiyaleti fonde l’ossature de son œuvre sur un conte que lui racontait son père lorsqu’elle était enfant.  Dans sa quête de prouver que l’Afrique peut contribuer à la protection de l’environnement, Adokoé s’inspire de sa vie, parce qu’il est également en situation d’handicape vocal suite à une maladie survenue pendant sa tendre enfance. Jokouka est alors son reflet. Enfin, Yarri est le prototype du citoyen du monde. Elle a habité dans plusieurs pays avant le Burkina Faso, ce qui explique donc son ouverture d’esprit et son désir d’aborder des thématiques universelles et diversifiées.

Durant un mois, les participants ont pu travailler à améliorer leurs projets. Ils ressortent donc de cette aventure satisfaits, car selon eux, ils étaient dans de bonne condition pour écrire. Aussi, les bourses octroyées viennent à point nommé pour les soulager un tant soit peu dans leur création. «L’accès aux livres, lorsqu’ils ne sont pas disponibles au Burkina Faso, est assez coûteux. Donc, il faut dépenser pour les avoir acheter des livres à l’extérieur», soutient Yarri kamara. En plus,  cette résidence permet aux   participants d’enrichir davantage leurs connaissances grâce aux échanges avec des professionnels du domaine à travers des ateliers et les conseils auprès des mentors.

Au regard de ces aspect positif, l’idéal serait que d’autres résidences voient le jour. En rappel, ce projet est ouvert aux auteurs africains de moins de 40 ans. Sur  455 candidatures de  39 pays, 9 ont été retenus. La première résidence s’est tenue en 2019 et a regroupé des auteurs de l’Egypte, de l’Ouganda et du Burkina Faso. Après cette sortie de résidence de la deuxième vague, les trois derniers auteurs sélectionnés sont attendus pour clore cette première phase du programme.

Anaïs KERE ©www.noocultures.info

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