Marché d’art touristique à Nosy Be : dans l’univers de Nelson, d’Henri et de Charlette, trois peintres de la grande île

Marché d’art touristique à Nosy Be : dans l’univers de Nelson, d’Henri et de Charlette, trois peintres de la grande île

www.noocultures.info – Nosy Be, « grande île », est une île située au Nord-ouest de Madagascar. Dans cette région, il y a un certain nombre d’îles et celle-ci est la plus grande. Mais lorsqu’on regarde à l’échelle de l’Océan Indien, Madagascar (La Grande île) est beaucoup plus grande, c’est pourquoi à Nosy Be, Madagascar est désigné par « La grande terre ». Nosy Be est avant tout une destination de choix pour les amoureux de la plongée, avec ces parcs aquatiques et ces plages de rêve. Comme dans toutes destinations touristiques, en plus des sculptures et autres bibelots, les tableaux font également partie des objets-souvenirs.

Peinture touristique

Parmi les peintres de Nosy Be, il y a Nelson, Henri, Charlette et bien d’autres encore. Ils vivent du tourisme. Ils sont passés maître dans l’art de reproduire des cartes postales : coucher de soleil, baobab, animaux endémiques de Madagascar. Mais ils réalisent aussi régulièrement des portraits ainsi que des toiles de style dit africain (couleurs chaudes, représentations de danseurs et de musiciens). Nosy Be est une destination touristique très prisée, ce qui n’est pas pour déplaire aux peintres qui bien souvent sont submergés par les commandes.

L’on peut les trouver facilement dans la rue à l’entrée du quartier d’Ambatoloaka au sud de l’île, ils y exposent leurs toiles. Il est également possible de les surprendre en pleine réalisation de nouvelles œuvres. Mais la peinture est omniprésente sur les plages, sur les sites d’excursions et aussi dans certains hôtels. Mais même dans ce schéma touristique, il y a des peintres qui aspirent tout de même à plus de créativité. C’est pour cette raison qu’à l’origine ils s’étaient lancés dans cet art. Par ailleurs, même si nombreux sont les peintres qui se tournent vers les œuvres touristiques, ceux qui ont du talent à revendre sauront toujours se distinguer du lot.

Nelson fait partie de ces artistes noyés dans le tourisme. Il a la quarantaine et est originaire de Diego-Suarez, un ville portuaire au Nord de Madagascar. Passionné par la peinture depuis son enfance, les signes ne trompaient pas, c’est cette discipline artistique qui allait le faire vivre. Il s’est rendu à Nosy Be expressément parce qu’il savait que le marché serait porteur. Il affirme que « La peinture touristique ce n’est pas forcément mon style ni même mon goût. » Toujours est-il que les affaires sont telles qu’il peint de jour comme de nuit. Il peut réaliser sept couchés de soleil dans une journée. Cela lui laisse peu de temps pour se consacrer à des créations d’un autre genre.

(de gauche à droite) Charlette en train de réaliser une œuvre ; Henri réalise aussi bien des portraits réalistes que des portraits dans un style abstrait © Niry Ravoninahidraibe

Henri quant à lui fait de la peinture depuis 2008. Son style s’apparente au trompe l’œil. Il a une manière de travailler bien à lui : « Je prends des photos que je traite sur Photoshop avant de décomposer les couleurs de l’image. De ce fait, la réalisation d’une œuvre peut prendre trois à six jours selon la difficulté ». Il réalise des commandes mais il aspire à la liberté, comme il le dit : « créer sans qu’il y ait des limites, selon mon inspiration ».

Ces peintres ont du mal à trouver du matériel adéquat sur l’île. Ils s’approvisionnent grâce à des connaissances venues de l’étranger qui leur en procure ou encore en allant en chercher à Antananarivo. Mis à part cela, ils présentent plus ou moins le même parcours : ils ont appris les bases aux côtés de peintres plus expérimentés pour ensuite développer leurs propres styles. Dans un marché qui privilégie l’exotisme malgache, il leur est difficile d’aller à contre-courant.

Mais cela n’empêche pas des personnes de talent et avec de réels potentiels de se découvrir presque par hasard. C’est le cas de Charlette, la femme d’Henri. Il lui a suffi d’un an pour apprendre. Elle a observé son mari à l’œuvre et à l’heure actuelle elle est également artiste. Pourtant, si elle a choisi de peindre, c’est avant tout parce qu’elle ne pouvait pas accéder à un autre travail, l’un de ceux qu’offre le secteur touristique. C’est dans un modeste atelier qu’elle réalise des œuvres signées de sa main. Avec une telle facilité d’apprentissage, ses créations pourraient prendre une toute autre tournure. Décidément, la peinture touristique propre à l’île de Nosy Be ne peut noyer ni l’envie de créer ni le talent de ces peintres.

Par Niry Ravoninahidraibe (Collaboration) ©www.noocultures.info
Illustration : Marché d’art touristique à Nosy Be à Madagascar © Niry Ravoninahidraibe

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