« Panorama : cent ans du cinéma tunisien » : un documentaire qui laisse perplexe

« Panorama : cent ans du cinéma tunisien » : un documentaire qui laisse perplexe

TUNISIE – A l’occasion du centenaire du cinéma tunisien, Manarat : Festival Méditerranéen du Film a accueilli, le 31 août dernier, les cinéphiles pour une projection en avant-première d’un film documentaire en hommage à cet art visuel.

Lotfi Bahri, journaliste culturel et réalisateur tunisien, a présenté aux festivaliers, à l’occasion de cet anniversaire, son documentaire intitulé « Panorama : cent ans du cinéma tunisien ». Le documentaire de 75 minutes est un hommage au septième art tunisien et à toutes se technicités. La projection a été organisée au Centre Fadhel Ben Achour pour la Culture et l’Art, un changement de localisation par rapport au reste des événements du festival qui se sont tenus au sein du Palais du Baron d’Erlanger.

« J’ai pris à peine un mois », déclare le réalisateur en faisant référence au temps accordé pour mettre en place ce projet. Une courte période de temps qui comprend la documentation, la recherche, le montage etc. Le cinéaste a utilisé, au vu des délais donnés, les archives de ses travaux de journaliste. Il a, de ce fait, incorporé d’anciennes interviews de professionnels de l’audiovisuel qu’il a lui-même effectué dans le passé. Parmi les nombreuses interviews, sont apparues celles de Mouna Noureddine (actrice tunisienne), Feu Hichem Rostom (acteur tunisien), Hassan Daldoul (réalisateur tunisien), Taieb Jallouli (réalisateur, producteur et décorateur tunisien) et bien d’autres.

Une vision artistique expliqué par le réalisateur après la projection lors d’un entretien : « J’ai joué sur le facteur temps, comme je n’avais pas le temps de monter un vrai documentaire sur cent ans de cinéma tunisien […] il fallait une idée originale pour raconter un peu des histoires du cinéma tunisien un peu de partout ».

Des extraits de films internationaux ont, de plus, été introduits dans ce documentaire, des extraits de films tels que « Hannibal », « Goha le simple » ou encore « The Light Touch ». Le point commun entre ces œuvres cinématographiques est la localisation choisie pour leur tournage : la Tunisie. En effet, tous ont été tournés sur le sol tunisien. Des extraits de journaux télévisés étrangers relatant l’importance de la Tunisie dans le secteur cinématographique mondial ont également fait partie du film. Par exemple, l’un des extraits les plus important fut un extrait d’un journal télévisé français qui présente un reportage dont le sujet est le tourisme culturel en Tunisie. Le reportage met en avant les touristes qui découvrent les décors d’un des films de la sage Hollywoodienne de renom, « Star Wars », localisés dans le désert tunisien, près de la ville de Nefta, au sud de la Tunisie.

Des parties importantes pour le cinéaste dont il explique la valeur lors d’un entretien après la projection : « Tous les films qui ont été tournés en Tunisie ont été épaulés et soutenus par les techniciens tunisiens. […] L’important quand on parle des films étrangers qui ont été tournés en Tunisie c’est pas uniquement pour la carte postale mais c’est parce qu’il y a des techniciens tunisiens derrière. ». Un hommage donc à tous les techniciens tunisiens qui ont permis de construire et de faire vivre le cinéma tunisien depuis 100 ans.

Quant à la fin, le réalisateur a fait le choix d’une fin ouverte qui invite à la réflexion mais également à l’interaction en se levant pour applaudir le septième art made in Tunisie.

 Pour finir, les réglages sonores désagréables représentent un handicap majeur pour ce projet. Malheureusement, les réglages sonores incommodants ne permettent pas au public de percevoir clairement les voix du documentaire augmentant, de ce fait, l’incompréhension générale.

En conclusion, « Panorama : cent ans du cinéma tunisien » de Lotfi Bahri est une œuvre ambitieuse qui a été créée pour rendre hommage à l’art audiovisuel tunisien. Cependant, malgré une base documentaire riche, la courte durée de travail accordée est perceptible avec un fil de pensée et un angle indéfinissable ainsi qu’une technique décevante au vue de l’ampleur de la célébration.

Meriem CHOUKAÏR (Stagiaire) ©www.noocultures.info

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