Harakaat, un projet chorégraphique migrant vers un mieux-être

Harakaat, un projet chorégraphique migrant vers un mieux-être

BURKINA FASO – Rencontre, écoute, compromis. Voilà les étapes que suit Harakaat, un projet artistique, impliquant quatre pays africains, conduit conjointement par les Goethe-Institut du Burkina Faso et du Soudan depuis le 15 octobre 2022. Les hommes des médias ont été édifiés sur le sujet lors d’un déjeuner de presse le 28 octobre dernier.

Octobre 2019. Une révolution populaire éclate au Soudan du sud contre la vie cher. Un coup d’État militaire évince le président d’alors, Omar El Bechir. Une transition politique se met en place pour trois ans. La population constate à la fin de cette phase transitoire que la situation du pays s’est aggravée. Les manifestations se multiplient en 2022. Les jeunes sont en premier plan dans l’expression du mécontentement populaire. Cette situation délétère fonde un projet artistique : HARAKAAT

La rencontre

« Harakaat » signifie mouvement en arabe, langue officielle du sud Soudan. Des jeunes, principaux acteurs de cette grogne populaire, choisissent l’art pour exprimer leur mal-être. Parmi les disciplines artistiques privilégiés, la danse. Le corps, pour eux, transmettra mieux leurs propos. Leur projet est bien accueilli par le Goethe-Institut Soudan. Seulement, le contexte sociopolitique marqué par des manifestions n’est pas favorable à l’exécution dudit projet. Dans la recherche du cadre propice, il est apparu que le secteur de la danse au Burkina Faso a une bonne dynamique malgré les soubresauts politiques que le pays de Thomas Sankara traverse depuis 2014, date de sa récente révolution populaire. Alors le Soudan part à la rencontre du Burkina Faso, dès le 15 octobre 2022.

L’écoute

C’est ainsi que les participants ont rejoint Ouagadougou. Cette résidence artistique est dirigée par trois chorégraphes majeurs : Salia Sanou du Burkina Faso, Justin John Billy du Soudan du Sud et Baidy Ba du Sénégal. Pour aboutir à une création commune, ces mentors de la chorégraphie africaine vont mettre leurs expériences ainsi que leurs connaissances techniques et historiques au service des jeunes danseurs. Ces moments de partages nécessitent de l’écoute. Une écoute pour collecter des informations chorégraphiques, pour comprendre les démarches artistiques et pour sélectionner les mouvements qu’il faut à la construction de ce projet nourri à plus de 3500km.

Le compromis

La création issue de cette résidence sera représentée au Théâtre populaire Désiré Bonogo à Ouagadougou, cet espace de loisirs de près de 3000 places construit par le charismatique Thomas Sankara, laissé en désuétude mais qui recevra quelques travaux de rénovation à cette occasion. Pour arriver à l’œuvre artistique commune, le danseur sénégalais, Baidy Ba croit fermement que les danses africaines sont un terreau fertile pour produire une multitude de chorégraphies. Le Burkinabè Salia Sanou souhaite que le spectacle final soit émouvant. Le promoteur du CDC La Termitière, (Centre de développement chorégraphique La Termitière) estime que le Soudan du Sud et son pays partagent les mêmes problématiques et que ce projet à caractère panafricain va contribuer à faire bouger des lignes. Enfin, selon le formateur Justin John Billy, les jeunes danseurs utiliseront leurs corps pour traduire le changement socio-politique auquel ils aspirent pour leur pays et pour eux-mêmes. Cette expérience, d’après l’enseignant sud soudanais, permettra de populariser et moderniser les danses traditionnelles de ce pays d’Afrique de l’Est.

Hortense ATIFUFU ©www.noocultures.info

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