Carthage : Leila Toubel, la fin d’une ère

Carthage : Leila Toubel, la fin d’une ère

TUNISIE – Le public du Festival International de Carthage (FIC) a assisté, le 13 août au soir, à la dernière représentation d’une des figures emblématiques de la dramaturgie engagée : un spectacle mémorable qui marque la fin d’une ère.

Leila Toubel, comédienne, écrivaine et militante tunisienne, a décidé de prendre sa retraite d’interprète et de se focaliser à l’avenir sur l’écriture. Une carrière de 35 ans qui s’achève sur la scène mythique de l’Amphithéâtre de Carthage, dans le cadre de la 56ème édition du Festival International de Carthage (FIC).

L’interprète tire sa révérence le jour de la fête de la Femme tunisienne en interprétant sa dernière œuvre, une pièce théâtrale féministe : « Yakouta ». Dans le cadre de cette fête nationale, Dr. Hayet Ketat Guemazi, ministre des Affaires Culturelles, Dr. Amel Belhaj Moussa, ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées et Mme Leila Chikhaoui, ministre de l’Environnement, étaient présents pour applaudir la comédienne et célébrer la femme tunisienne.

La soirée théâtrale a été précédée par un hommage au célèbre acteur tunisien, feu Hichem Rostom, personnalité importante dans le paysage théâtral et cinématographique disparu le 28 juin dernier.

La pièce débute, par la suite, avec un hommage au père de la dramaturge mais également à des figures féminines qui se sont éteintes depuis peu : feue Zeyneb Farhat (militante culturelle tunisienne), feue Lina ben Mhenni (journaliste et activiste tunisienne) et feue Sherine Abou Akleh (journaliste palestinienne). La comédienne apparaît par la suite sur scène et la représentation commence.

« Yakouta », personnage fictif, fille de la narratrice, née sous X à la suite d’un viol, est présentée au public. Les spectateurs découvrent son histoire à travers les anecdotes de sa mère et donc son combat quotidien en tant que femme actuellement. La narratrice, incarnée par Leila Toubel, battue à mort par son mari lorsqu’il découvre son passé et l’existence de sa fille, critique une société misogyne et inégalitaire à travers un humour satirique et dérisoire.

Cependant, « Yakouta » est avant tout une allégorie. Une représentation de la femme, tunisienne ou pas, et des aléas de sa vie, des difficultés qu’elle rencontre et les combats qu’elle doit mener au quotidien. Violences conjugales, harcèlement, inégalités des genres etc., Leila Toubel dresse un tableau réaliste, dépeignant la réalité du quotidien des femmes dans les sociétés actuelles avec hardiesse et humour. Elle crie, haut et fort, revendiquant le droit à l’amour, à la vie : le droit de vivre sans crainte.

Une histoire forte émouvante accompagnée, au piano, par le compositeur et interprète Mehdi Trabelsi. « Le grand magicien », comme le qualifie la dramaturge, a présenté une composition originale aux festivaliers, une composition unique crée pour la pièce de théâtre.

Les festivaliers sont ainsi plongés dans l’atmosphère de l’œuvre théâtrale avec une musique puissante et pleine d’émotion s’alliant parfaitement à la thématique de la création scénique.

Un pièce forte, engagée, qui invite toutes les femmes à s’émanciper, à vivre sans crainte. Une œuvre dédiée aux femmes que l’artiste a remerciées à la fin du spectacle : « Merci aux femmes qui sont venues aujourd’hui ».

Meriem CHOUKAÏR (Stagiaire) ©www.noocultures.info

laissez un commentaire

Envoyer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.