« À nos combats » : pour lutter contre l’adversité

« À nos combats » : pour lutter contre l’adversité

BURKINA FASO – La pièce “A nos combats” du chorégraphe Burkinabé Salia  Sanou  a été jouée dimanche 30 octobre à l’Institut national de formation artistique et culturelle (Inafac), au quartier Goughin dans le cadre de la 12ème édition des Récréâtrales.

Un animateur de radio, micro en main sur un ring de boxe, éclairé par des lumières assez fortes, galvanise la foule. Près de lui, deux athlètes s’échauffent. Le décor est planté pour assister à un combat de boxe.  Et pourtant, nous sommes dans une scène de théâtre. La pièce qui est jouée est celle du Burkinabé Salia Sanou intitulée « A nos combats ». Cette mise en scène est inspirée d’une histoire réelle. Le chorégraphe dit s’être inspiré du combat mythique entre Mohamed Ali et Georges Foreman à Kinshasa. « En 1974 à Kinshasa, Mohamed Ali met au tapis George Foreman. Ce combat qualifié de  combat du siècle m’a beaucoup inspiré », précise-t-il.

La pièce théâtrale qui mêle danse et boxe a débuté à 21 h 45. Un spectacle de près d’une heure. Sur la scène, deux athlètes femmes habillées en tenues de combats, équipés de gilets, des gants de protection aux mains, des shorts de couleurs différents jaune et orange, des baskets aux pieds font semblant de se donner des coups. Ce sont les boxeuses Marlène Guivier, ancienne vice-championne de France habillée en orange, et Fatou Traoré, danseuse professionnelle en jaune. Elles se battent pour une rencontre entre le sport et la culture, elles sont coachées par des hommes, des managers qui parfois oublient leurs rôles et entrent aussi en scène. Le choix des femmes sur le ring ? « J’ai voulu montrer au public que les femmes sont de tous les combats », justifie Salia Sanou.

L’une des particularités de cette pièce est le rôle des figurants.  Ils sont dans le public, à la fois supporteurs et acteurs comme les autres. Ce sont des hommes, femmes, enfants et jeunes du quartier Gounghin  qui se prêtent  au jeu. Des figurants de tous âges, des vielles femmes de 60 à 70 ans, qui exécutent avec brio la chorégraphie.

Selon lui, aujourd’hui, le Burkina Faso traverse des moments difficiles. « Amener ce spectacle dans le cadre des Récreâtrales, s’entourer du public des amateurs du quartier, c’est un symbole fort d’union, de faire corps et d’être ensemble ». L’animateur radio qui débute la scène fait l’écho de ce moment de vibration afin qu’il  puisse atteindre d’autres villes.

Le message de la pièce  « A nos combats » demande de mener le combat face à l’adversité et c’est un combat qui ne peut pas être mené seul.  Pour Salia Sanou, ce spectacle est aussi une façon de  lutter contre le terrorisme qui sévit au Burkina Faso comme dans le sahel.

Soro Yafolo Sita (Côte d’Ivoire)
Article rédigé dans le cadre de l’atelier “Médias et Théâtre” organisé par l’Association Nord Ouest Cultures, NO’OCULTURES, à l’occasion de la 12è édition des RECREÂTRALES, avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF)

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