FESPACO 2021 : la diversité du cinéma africain à l’honneur

FESPACO 2021 : la diversité du cinéma africain à l’honneur

www.noocultures.info – Reportée de plusieurs mois, la 27ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision (Fespaco) aura finalement lieu du 16 au 23 octobre, à Ouagadougou, Burkina Faso. Après cette longue attente, la délégation générale accorde un esprit encore plus visionnaire à la biennale en partant du thème « Cinémas d’Afrique et de la diaspora: nouveaux regards, nouveaux défis ».

Il ne reste plus que quelques jours avant que la grande famille des inconditionnels de cinéma d’Afrique soit réunie à Ouagadougou, la capitale de Burkina Faso, pour assister à la 27ème édition de Fespaco. Cet évènement majeur du cinéma africain s’annonce plutôt pétillant dans sa conception et sa programmation, une sorte d’un grand bol d’air pur pour les amateurs de cinéma après la chaude période de pandémie de Coronavirus. La pandémie a effectivement repoussé le festival de sept mois et cela a ravivé l’enthousiasme de la délégation de Fespaco, dirigée par Alex Moussa Sawadogo, de faire de cette édition exceptionnelle et plus dynamique que les précédentes.

Sous le thème de « Cinéma d’Afrique et de la diaspora : nouveaux regards, nouveau défis », cette édition mise donc pour une plus large vision de l’industrie du cinéma en Afrique, couvrant tous les horizons de la création du 7ème art. Ainsi, cette année, le festival propose un considérable panel de productions et réalisations africaines. Outre les films retenus pour la compétition officielle, ainsi que les sections habituelles du festival, l’évènement affiche une grande diversité dans son programme où s’ajoutent de nouvelles sections : « Burkina » qui mettra en honneur la production cinématographique du pays hôte, « Perspective » pour donner la scène à la nouvelle génération de cinéastes et enfin, une section pour enfants, nommée « Sukabe ». Ces sections englobent en tout 239 films, sélectionnés parmi les 1132 inscrits, issus d’une cinquantaine de pays africains.

La diversité et le dynamisme de la 27ème édition de Fespaco s’affirment dans la sélection élaborée par un comité composé de sept membres, des professionnels œuvrant dans différents domaines du cinéma en Afrique, notamment des organisateurs et organisatrices de festival, des producteurs, des cinéastes, des chercheurs ainsi qu’une conservatrice. De par leurs expériences, leurs propres regards sur le cinéma africain et en partageant les mêmes perspectives : celles de promouvoir la discipline et de présenter son émergence en survolant les différentes catégories et différentes les époques, ce comité a permis l’effervescence du concept de l’ensemble du festival et de la sélection des films. Il faut reconnaitre qu’avec ses 1132 candidatures, cette édition du Fespaco a battu son record. D’ailleurs, cette édition verra la participation des pays encore inconnus de la sphère du cinéma mondial, entre autres, Lesotho, Somalie et Namibie.

Sociologie africaine

Si chaque année, le festival met en lice soixante-dix films dans la compétition officielle, dispatchés dans différentes sections, cette fois-ci dix-sept fictions long-métrages vont se débattre le grand prix l’Etalon d’or du Yennenga. Ces films sélectionnés donnent déjà un aperçu sur l’immense variété du cinéma en Afrique. Ils sont représentés par des cinéastes originaires de quinze pays qui ont su séduire le comité par l’originalité, l’esthétique et le fond de leurs productions. Ces long-métrages couvrent également des thèmes touchant la sensibilité du public africain et mondial, proposant la sociologie africaine sous tous ces aspects.

Parmi ces films : Lingui, les liens sacrés de Mahamat-Saleh Haroun qui a été présenté à Cannes en juillet 2021. Le réalisateur franco-tchadien réapparait dans ce film où il aborde la condition des femmes à travers l’histoire d’Amine et sa fille Maria… ; L’Indomptable feu du printemps de Lesothan, Lemohang Jeremiah Mosese qui met à l’image le combat d’une vielle femme pour défendre l’héritage spirituel et ravive l’esprit de résistance de sa communauté, Baamum Nafi ou le Père Nafi du sénégalais Mamadou Dia qui expose une réalité africaine où s’opposent les visions moderne et radicale… Ces sujets répondent à l’esprit de ce festival qui ne promeut pas uniquement le cinéma africain mais cherche aussi à placer l’Afrique dans le monde, à travers l’écran.

Annick SEDSON (Madagascar) ©Tous droits réservés
Article rédigé dans le cadre de l’atelier virtuel de formation en critique cinématographique organisé en prélude à la 27è édition du FESPACO par la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique (FACC) en collaboration avec le Programme NO’O CULTURES

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