Critique : « Mossul », une unité d’élite contre Daech

Critique : « Mossul », une unité d’élite contre Daech

www.noocultures.info – Tout comme la guerre du Viêt-Nam, cette période sombre que constitue la seconde guerre d’Irak a inspiré bien des cinéastes anglo-saxons. De Brian De Palma à Ken Loach, les cicatrices laissées par cet affrontement sans fin ont apporté de nouvelles images sur nos écrans. Près de 17 ans après le lancement de l’Opération Iraqi Freedom, la guerre en Irak continue de diviser la société américaine.

Tandis que d’aucuns considèrent qu’elle était nécessaire au nom de la « guerre contre la terreur », leurs détracteurs arguent qu’elle n’a fait que renforcer l’instabilité au Moyen-Orient à un coût financier et humain inutilement élevés. Plus de 4000 Américains ont ainsi payé cet engagement de leur vie et ce chiffre est en augmentation.

En effet, les raids aériens contre l’Irak – menés par la coalition internationale à laquelle adhèrent les États-Unis – ont repris depuis la lutte contre le groupe État islamique, organisation dont l’essor est pour partie imputable aux suites de l’inter­vention de mars 2003. Le Royaume-Uni, engagé également dans ce conflit, a fait réfléchir ses artistes militants les plus farouches, comme Ken Loach qui présente à Cannes en 2011, un film sur la privatisation de la guerre par d’anciens soldats devenus mercenaires dans « Route Irish ».

Brian de Palma lui, a opté pour le found footage et les vidéos qu’on trouve sur le net pour illustrer ce conflit du 21ème siècle. En reprenant le scénario de son film sur la guerre du Viêt-Nam, « Outrages » (tiré d’une histoire vraie, qui parle de viol et interprété par Mickeal J Fox et Sean Penn), le cinéaste du Nouvel Hollywood propose une version 2.0 du film de guerre.

Sans oublier « Démineurs » de Katherine Bigelow par ailleurs tourné en Tunisie. Mais le plus marquant des films sur cette période demeure « Battle for Haditha ». Proche du documentaire, il s’agit d’un film  époustouflant de réalisme et par conséquent horrible de cruauté puisqu’il relate un événement véridique parmi tant d’autres : ici l’attaque d’un convoi américain de soldats puis la vengeance immédiate des survivants sur les premiers civils irakiens qui passent. Tourné en Jordanie, un cinéma engagé qui dénonce l’horreur de la guerre!

« Mossul » fait office de petite révolution dans le monde du cinéma puisque c’est un film de guerre qui suit une unité d’élite de forces spéciales irakiennes qui tente de détruire les derniers bastions de Daech dans la ville de Mossoul. Véritable succès sur la plateforme Netflix, « Mossul » est produit par les frères Russo (à qui l’on doit notamment le blockbuster « Avengers ») et réalisé par Matthew Michael Carnahan, scénariste entre autres de « World war Z » avec Brad Pitt ou encore de « Lions et agneaux » avec Robert Redford, Tom Cruise et Meryl Streep.

Il est à noter que seule la scène d’introduction a été tournée en Irak. Elle a été filmée avec un drone par un vidéaste irakien et témoigne de l’état actuel de Mossoul, aux mains de l’Etat Islamique pendant plus de deux ans. En effet, c’est au Maroc, terre de cinéma et plus précisément à Marrakech que le film a été tourné. Adam Bessa y donne la réplique à Suhail Dabbach (qui campe Major Jassem), un acteur irakien de renom. Jusqu’à maintenant, les différents films produits depuis 2003 sur l’intervention américaine en Irak ont essayé d’étudier la manière dont l’opinion publique américaine perçoit les tenants et les aboutissants de cette guerre mal comprise. Ces œuvres cinématographiques montrent que le grand public a une vision très floue des motivations qui ont poussé les États-Unis à mener une guerre que beaucoup récusent encore aujourd’hui. « Mossul » va droit au but et donne à voir un peuple qui se bat contre des êtres sanguinaires qui ont vu le jour suite à ce conflit. « Mossul » est à découvrir sur Netflix.

Par Waley eddine Messaoudi (Collaboration) ©www.noocultures.info

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