« Amal » ou l’espoir balbutiant d’une adolescente révoltée

« Amal » ou l’espoir balbutiant d’une adolescente révoltée

www.noocultures.info – Amal est un film documentaire de 83min sur la révolution égyptienne. Réalisé par Mohamed Siam, il était en projection le 6 janvier 2022 à l’institut français de Ouagadougou. Pendant cinq ans, de 2012 à 2017, muni de sa caméra, Siam a saisi la vie d’une jeune fille, révoltée et assoiffée de justice et de liberté pour son pays, l’Egypte après la révolution de 2011.Seulement, elle semble rester sur sa soif.

Amal, dès son jeune âge est désinvolte, espiègle. Enfant unique, elle était choyée par ses parents, mais perdra son père deux ans avant la révolution Et par la suite son petit ami mourut lors des représailles du régime Hosni Mubarak (président de la République arabe d’Égypte du  au  contre les manifestants.

Un an après les évènements, elle se rend à la place Tahir où a eu lieu les émeutes, ses souvenirs sont intenses, elle se remémore des scènes. On pouvait voir la jeune fille avec ses camarades se faire brutaliser par les forces de l’ordre. Certains ont été battus à mort. Et son sort lui est revenu en tête : se faire tirer par les cheveux, être trainée et molestée par la police avec des commotions sur tout le corps, non sans avoir essayé de résister.

Amal est descendue dans les rues, lorsqu’elle avait 15 ans. Pour elle, prendre part aux sit-in, aux grèves et occupations de la place Tahrir au Caire (symbole de la mobilisation), en tant qu’une femme était son droit le plus absolu, contrairement à ce que pensent les autres. On l’avait surnommée garçon manqué pour son audace.

Deux ans après la révolution, le visage confiant et serein porte aujourd’hui les traits du désespoir. La jeune femme semble brisée et épuisée par une guerre qui a l’air d’être perdue d’avance. Elle sort voilée maintenant. Selon elle, rester coincé entre l’armée et les Frères musulmans reviendrait à choisir entre la peste et le choléra, entre la corruption et la charia.

Amal avait le sentiment d’être incomprise par ses proches. La seule personne qui la comprenait, son père, n’était plus là. Et pour elle, la lutte s’est arrêtée au moment où la plupart de ses amis ont été emprisonnés, et d’autres, partis en exil. Finalement, après son baccalauréat, elle délaisse la lutte, et choisi d’intégrer le système pour le changer de l’intérieur. Ce choix est-il le bon ?

Le documentaire ne le dit pas mais on peut avoir un début de réponse dans l’état actuel de l’Egypte, après le printemps arabe.

Nadège NIKIEMA (Stagiaire) ©www.noocultures.info

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