A Ouagadougou, une exposition photographique pour explorer la genèse de la sorcellerie au Burkina Faso

A Ouagadougou, une exposition photographique pour explorer la genèse de la sorcellerie au Burkina Faso

www.noocultures.info – Adrien Bitibaly est un jeune burkinabè spécialiste de la photographie documentaire. Depuis 2010, sa démarche singulière met la lumière sur des faits de société, comme la sorcellerie, thème de sa nouvelle exposition. Le vernissage a eu lieu le 9 mai dernier à l’Université Joseph Ki Zerbo de Ouagadougou.

Intitulée « Quatre yeux » et co-organisée par l’Unité de Formation et de Recherche en Lettres, Arts et Communication (UFR / LAC) et le Goethe-Institut Ouagadougou, cette exposition du photographe Adrien Bitibaly est une série de photos autour de la thématique de la sorcellerie. Ces photos en blanc noir, imprimées sur bâche, enlacent les murs extérieurs de l’UFR/LAC de l’université Joseph Ki Zerbo. Le choix du lieu d’exposition pour aborder un sujet d’intérêt social se justifie, selon le photographe, par la nécessité de faire la promotion de l’art dans l’espace public et aussi d’être plus proche du public afin de susciter le débat avec les étudiants.

D’autant que c’est un sujet qui divise les populations et peut parfois mettre à mal le vivre ensemble. Témoin de la marginalisation d’un proche accusé de sorcellerie, le photographe dit s’être senti interpellé par la question au point d’y consacrer une exposition. Et pour montrer l’étendue de la situation, l’exposition démarre par un ensemble de coupures de presse faisant cas de personnes accusées de sorcellerie dans les villages du Burkina Faso. Abandonnées à leur sort dès qu’elles sont soupçonnées, ces personnes aux « Quatre Yeux » vivent presque en réclusion.

Adrien Bitibaly (au milien en jean) présentant son exposition au public ©Goethe-Institut Ouagadougou

Et c’est la perception qu’ont les populations de ces personnes qu’expose Adrien Bitibaly. Ainsi, les images présentent tantôt des corps abandonnés dans la nature, tantôt des prêtres traditionnels entourés de leurs fétiches ou encore des maisons pleines de fétiches. À travers cette exposition faites d’œuvres figuratives, le photographe cherche à montrer ce qui peut déclencher les accusations de sorcellerie, et explorer la genèse d’une croyance populaire. Sans parti pris.

Même si elles ne sont pas nommées ou datées et ne portent pas de descriptions, les œuvres photographiques de Adrien Bitibaly constituent un ensemble de questionnement sur un sujet sociétale de grande importance et qui mérite d’être vu.

Harouna Neya & Mireille Ouoba (Stagiaires) ©www.noocultures.info

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