Yaar Music / Soko Festival : « Améliorer le réseautage, (…) professionnaliser la filière musicale burkinabè »

Yaar Music / Soko Festival : « Améliorer le réseautage, (…) professionnaliser la filière musicale burkinabè »

www.noocultures.info – A quelques heures du démarrage de la septième édition de Soko Festival à Ouagadougou, Ibrahim Keita, son promoteur, détaille, dans cet entretien, les grandes ambitions de ce projet culturel en faveur du secteur musical burkinabè.

Déjà une 7è édition pour le Soko Festival. A quoi doit-on s’attendre pour cette nouvelle édition ? 

Cette année, on a initié le Yaar Music, un Salon des Arts de la Scène et du Spectacle Vivant, qui est à sa première édition à SOKO Festival. Jusque-là, le festival a tenu toutes ses promesses. A quelques heures de l’ouverture du festival, tout se passe bien, je dirai que tout est prêt pour la 7e édition.

Parlant du Yaar Music, cela fait penser au MASA, Marché des Arts et du spectacle d’Abidjan. Quelle sera sa spécificité par rapport à cette autre manifestation d’envergure ? 

En organisant « Yaar Music », nous ne recherchons pas de la différence avec tel ou tel marché. Nous sommes dans un réseau de World Music, c’est-à-dire la musique vivante, c’est la force de notre partenariat qui nous amène à faire un marché. Nous avons des visions. « Yaar Music » est la partie professionnelle de Soko et pour y participer, il faut être inscrit préalablement. L’objectif est d’améliorer notre réseautage, tout en professionnalisant la filière musicale burkinabè et inviter d’autres professionnels autour de nous avec des résultats clairs. Dans le cadre du YaarMusic, il y aura des formations en communication évènementielle, en booking artistique, etc.

Dans le programme, il est prévu des master class. En vous référant aux 6 dernières éditions, sentez-vous de l’intérêt de la cible visée par ces formations professionnelles ?

L’objectif des mastersclass, pour nous c’est de tendre la main à nos jeunes frères. Ces master-class seront données par d’excellents musiciens de renom, dont Achille et Moïse Ouattara. C’est une occasion aussi pour eux de partager leurs expériences avec les autres artistes. Cela pourrait contribuer à consolider les rapports professionnels entre les acteurs de domaine musical de notre pays. Ces activités se dérouleront au Goethe Institut, l’un de nos partenaires, ce 12 janvier.

Il y a de l’intérêt pour ce master-class puisque la liste des participants est close, depuis déjà deux semaines ; et les participants à cette activité sont déjà connus. L’idée des effectifs réduits, c’est de permettre aux participants et aux formateurs de mieux travailler. Ces master-class ne visent pas d’ailleurs les artistes débutants, mais les professionnels qui ont besoin d’un coup de jeune en termes d’arrangement et de vision musicale. Ces master-class, c’est aussi cette diversité musicale : du mandingue, à l’afro-beat, au jazz et bien d’autres styles, on y côtoie toutes les sonorités culturelles africaines.

Ibrahim Keita, promoteur du Soko Festival

Plus d’une dizaine de concerts avec de grandes voix du Burkina et d’ailleurs. Ces performances auront lieu à l’Institut français de Ouagadougou. Ne pensez-vous pas que le public dans les quartiers a aussi besoin de nouer un contact avec la musique live? 

Si le public a besoin de nouer un contact avec le live, nous l’invitons à participer à l’Institut Français. Justement il y aura deux soirées totalement gratuites et ouvertes à tout le monde. Nous avons choisi l’Institut français comme gage de qualité de spectacle en termes de matériel, de logistique et de technique. Cette offre répond à nos attentes. Cela nous permet de rêver plus grand.

Soko festival a été créé dans les quartiers, comme Gounghin, Tampouy, aujourd’hui nous sommes à l’Institut français pour des questions sécuritaires. Soko regroupe plusieurs professionnels d’ici et d’ailleurs, et il faut garantir leur sécurité. Se déplacer dans le quartier, cela demande un budget conséquent, et pour l’instant, nous ne pouvons pas le faire.  Il y a tellement de festivals, de foires à travers les quartiers.

SOKO, c’est aussi aller à la professionnalisation de la filière, et aller au-delà des grands shows. Soko se positionne comme le Festival des festivals dans tout le pays. En effet, nous prenons chaque pépite dans les différents festivals et nous les présentons sur les marchés internationaux. Nous pensons aux artistes car ils ont besoin de vivre de leur art. Ce qui est primordial pour nous est de parvenir à l’issue de nos rencontres professionnelles à positionner nos artistes sur des marchés internationaux.

Quand on consulte la programmation des concerts, vous avez sélectionné des musiques variées mais on se retrouve avec très peu de pays représentés : Bénin, Burkina, Mali, Niger, Tchad et Togo. La situation sanitaire et sécuritaire n’a-t-elle pas influencé le festival ? Si oui comment ?

Non, l’aspect sécuritaire n’influence pas la programmation de ces concerts, car c’est la première fois que nous parvenons à inviter autant de pays à Soko festival. On a déjà 15 pays qui seront sur scène. Sur notre programmation de 27 groupes, on a une douzaine de groupe qui viennent d’ailleurs. Vu le contexte sanitaire et sécuritaire leurs déplacements se feront par avion, cela est aussi possible grâce à l’appui de nos différents partenaires.

Cette année Soko Festival fait une place à l’initiation des enfants. Que vont-ils apprendre : des instruments ? Comment se fera le suivi de cette initiation ?

Ce n’est pas une première à Soko, on a toujours pensé aux enfants. On reproche au public du live de ne pas être nombreux, il faut avoir la culture du live pour s’y intéresser, d’où l’initiation aux enfants, dès le bas-âge. Depuis 2015, on a des activités de Soko à l’école. Cette année avec l’appui de certains de nos partenaires, qui ont mis à notre disposition des autocars, nous assurerons la mobilité des élèves et étudiants qui voudront participer aux spectacles Soko.

Pour cette activité, nous laissons libre carte aux artistes qui iront dans les écoles. Il y aura certainement des initiations à la danse, au balafon, à la guitare, au chant, etc. Pour ce faire, nous sommes en collaboration avec l’association Wakat, spécialisé dans les activités pour enfants dans notre pays. Certaines écoles sont déjà ciblées, mais il y a d’autres cibles proposées par nos partenaires dans la ville de Ouagadougou.

Propos recueillis par Nadège NIKIEMA (Stagiaire) ©www.noocultures.info

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