Togo : « C’est ainsi que le Festival de Théâtre de la Fraternité (FESTHEF) est né… »

Togo : « C’est ainsi que le Festival de Théâtre de la Fraternité (FESTHEF) est né… »

www.noocultures.info – Localité située à une cinquantaine de kilomètres de Lomé, la capitale du Togo, Assahoun a vu naître, en 1993, l’un des festivals de théâtre les plus connus de l’Afrique de l’Ouest. L’ancrage territorial, l’approche organisationnelle et la singularité des spectacles programmés ont tôt fait de positionner l’évènement comme un laboratoire d’art dramatique. Mais au fil des éditions, le festival, comme la plupart des évènements culturels initiés à cette période, ne bénéficie plus de cette aura d’antan. Président du comité d’organisation des 9 premières éditions du Festival, Dany Ayida revient sur cette expérience.

Votre nom est indissociable de la mise en place et de l’organisation du Festival de Théâtre de la Fraternité créé en 1993 à Assahoun au Togo.  A cette époque, on se rappelle que le pays était en proie à des troubles socio-politiques. Dans ce contexte, comment en arrive-t-on à se dire que c’est le moment d’initier un évènement culturel ?

Ah oui, en effet dans la période 92-93, le Togo était agité par des troubles socio- politiques ; les écoles étaient fermées et la grève générale illimitée. Entre jeunes, on ne savait pas quoi faire et on s’est mis ensemble pour initier des activités culturelles. A l’époque, nous avons quitté Lomé (la capitale du Togo, ndlr) pour aller à Assahoun et nous avons créé des spectacles de théâtre. On faisait des représentations théâtrales pour divertir et égayer la population. Ensuite, nous avons remarqué que dans les localités voisines, les jeunes faisaient la même chose. Alors, on a eu l’idée de se mettre en compétition pour voir quelle était la meilleure troupe. C’est ainsi que le FESTHEF est né. La première édition était circonscrite à 5 troupes de théâtre de la préfecture de l’Avé. L’édition suivante, il y a des troupes de Lomé qui se sont jointes à l’initiative. Et à partir de l’édition 1995, nous avons accueilli des troupes étrangères.

Le FESTHEF est considéré comme le premier festival professionnel de théâtre au Togo et un laboratoire du théâtre en Afrique. Quelle était sa particularité et comment avez-vous construit sa renommée ?

Il faut savoir que le FESTHEF est un événement culturel autour du théâtre qui au départ était une biennale puis annuel à partir de 1995. La rencontre permettait de réunir des compagnies de théâtre et de présenter des spectacles au public d’Assahoun. Ce sont des œuvres qui étaient produites par des compagnies africaines et togolaises. L’idée a fait du chemin et après d’autres genres artistiques se sont ajoutés et c’est devenu un événement d’envergure, très convivial où chaque année, des acteurs africains se donnaient rendez-vous. Au fils des éditions, le FESTHEF s’est même imposé au-delà du continent. Le FESTEHF était un rendez- vous où des créateurs, diffuseurs et d’autres amateurs d’art de la scène se retrouvaient pour partager.  Au sein de la population, c’était devenu la chose de toute la communauté qui s’était vite identifiée à cet événement. Chacun apportait du sien pour que cela ait du succès.

Vous avez organisé les 9 premières éditions du festival. Outre le climat socio-politique du pays évoqué plus tôt, quelles étaient les difficultés à l’époque pour l’organisation de l’évènement ?

Il faut avouer qu’organiser un événement culturel dans le contexte du Togo et de la sous région n’était pas évident. Il fallait avoir un budget, des ressources ; et nous n’en avions pas suffisamment. La première difficulté, c’était de mobiliser des fonds pour cet événement. On avait besoin de ressources pour payer les cachets des compagnies de théâtre qui venaient, prendre en charge les festivaliers en termes de transport, d’hébergement, de logistique.  Tout cela demandait de l’investissement. Une mobilisation de petites ressources auprès des personnes de bonne volonté et aussi auprès de la coopération au développement, notamment la coopération française, allemande, américaine. On ne recevait pas beaucoup d’appui et le budget était modeste.  Au début, nous ne parvenions à réunir que trois millions de FCFA en moyenne. Alors que le budget était bien au-delà. Le Festival s’est imposé après l’édition de 1995 où nous avons pu convaincre l’Union Européenne qui a soutenu deux éditions.

Dany Ayida dans les locaux de NO’OCULTURES à Ouagadougou, répondant aux questions de la rédaction

L’autre défi, c’était de pouvoir s’organiser pour l’hébergement des festivaliers. Il n’y avait pas assez d’hôtels, seulement quelques auberges aux capacités limitées. Les participants étaient logés sur divers sites dans la préfecture. Mais la majorité des festivaliers logeaient chez l’habitant. C’est ce qui nous a poussés à innover. La population d’Assahoun étant fière d’accueillir des étrangers et les loger pendant une semaine. Ce qui fait que le festival d’Assahoun avait pour originalité de compter sur l’hospitalité des habitants et des localités voisines comme Kévé, Badja, Bagbé, etc…

Mais comment le gouvernement d’alors percevait le festival ?

Nous n’avions pas de très bons rapports avec les autorités togolaises d’alors. A vrai dire, elles nous ignoraient et nous aussi on faisait de même. Parce que le FESTHEF avait aussi pour réputation de réunir des jeunes qui n’étaient pas des enfants de chœur. Il y avait beaucoup de créations qui critiquaient les dictatures, les pouvoirs absolus… Et tout cela ne plaisait pas au gouvernement. Il arrivait que certaines autorités nous approchent pour faire une apparition, prononcer un discours pendant l’événement devant les festivaliers, même si on n’était pas toujours ouvert à cela. Je me rappelle qu’une année, un ministre de la culture était arrivé avec une coupe en main à offrir au vainqueur. Nous avions refusé ! Il faut toutefois avouer que nous étions toujours en bons termes avec les autorités locales : les chefs traditionnels, les préfets et les forces de sécurité.

Et en 2002, vous décidez de tout laisser tomber et de quitter le Togo…

Oui, parce que j’étais également journaliste. Je ne me contentais pas uniquement des activités de promotion culturelle et artistique. J’étais aussi militant très actif dans les associations et mouvements citoyens à l’époque. C’était la décennie du Togo en mouvement pour le changement !  Et moi, j’étais passionné par toutes ces choses. J’avais été plus d’une fois interpellé pour des articles que je publiais dans la presse. Déjà lycéen, je participais à la rédaction du journal « Forum hebdo », celle du journal « la Parole », qui étaient des organes des plus en vue à l’époque. Ces activités dans la presse et dans la société civile avaient l’avantage de m’ouvrir certaines portes quand il s’agissait de trouver des partenaires pour organiser le FESTHEF.

Mais en même temps, cet activisme tous azimuts comportait des risques pour moi. Il y avait des menaces contre ma personne et d’autres camarades à l’époque. On a dû quitter le pays. C’était surtout à l’issue des élections de 98 que le risque s’est accru. Mais nous étions des résistants. Je partais, je revenais mais les menaces persistaient. Alors ma famille m’a conseillé de quitter le pays. Ce que j’étais obligé de faire.

Je ne crois pas avoir été indispensable à ce festival mais il faut avouer que le fait d’avoir eu plusieurs casquettes me facilitait la tâche.

Aujourd’hui, le FESTHEF ne fait plus vraiment rêver malgré les efforts des équipes successives. C’est le même constat pour la plupart des festivals qui faisaient la gloire des pays africains francophones. Qu’est ce qui justifie cet état de chose ? Une mauvaise gouvernance, une absence de vision, un model économique inadéquat ?

Je crois que c’est la troisième suggestion. A un certain moment, l’enthousiasme et la passion pour la chose culturelle poussent les gens à lancer des initiatives culturelles et artistiques. Même si les Etats n’accompagnent pas, on s’entend entre gens du milieu, et on fait avec ce qu’on a. Par exemple, pendant le festival d’Assahoun, nous étions démunis mais on était vraiment passionné pour ce qu’on faisait. Vous vous rendez compte que des compagnies de théâtre prenaient la route depuis Dakar, traversaient le Mali et le Burkina Faso et arrivaient au Togo juste pour participer à un festival.  Je me rappelle de la compagnie ‘’Les Gueules Tapées’’ du Sénégal qui avait accompli cet exploit en 2000.  Abibigromma, la troupe Nationale du Ghana venait par le car d’Accra jusqu’à Assahoun. D’autres groupes venaient du Niger, du Mali, par la route.  Nous avions d’autres compagnies qui quittaient le Cameroun, la République Centrafricaine ou encore la RDC pour venir, en avion quand nous arrivions à trouver des sponsors.

De jeunes français misaient sur le festival, se cotisaient pour payer des billets d’avion et finissaient par y arriver. Je ne parle pas d’autres créateurs et diffuseurs, des auteurs et metteurs en scène qui ne voulaient pour rien au monde manquer cet événement. Quand une telle passion s’impose comme un événement culturel, il faudrait que cela puisse s’adapter à la condition de l’entreprise culturelle. C’est ce qui constitue le goulot d’étranglement de beaucoup d’entreprises culturelles chez nous. Il fallait déjà être en mesure de gérer un tel projet comme une organisation, de disposer d’un budget, d’avoir du personnel. Ce que beaucoup d’événements culturels n’arrivaient pas à faire.

Je ne crois pas avoir été indispensable à ce festival mais il faut avouer que le fait d’avoir eu plusieurs casquettes me facilitait la tâche. J’avais des revenus grâce à d’autres formes d’activités qui me permettaient d’injecter des fonds propres dans le projet. En outre, je m’étais fait une petite réputation qui faisait que certaines personnes étaient prêtes à m’accompagner. Pour l’anecdote, je me rappelle que c’était au domicile de l’ambassadeur des Etats-Unis, en marge de la célébration du 4 Juillet, que j’avais convaincu le Représentant de l’Union Européenne à financer le FESTHEF pour la première fois.

C’est dommage et je regrette que le FESTHEF n’ait pu se poursuivre après mon départ.  Ceci dit, je ne pense pas que mon départ ait été à l’origine de cette situation que j’attribue plus au fait que le festival, après dix éditions, n’avait pas su se transformer pour s’adapter à son évolution. Il fallait diversifier le financement et réviser le modèle de départ. Le secteur culturel est très exigeant.

Une renaissance du FESTHEF est-elle envisageable ?

Je me rappelle au temps fort du projet FESTHEF que certains dignitaires de la localité se sont organisés pour nous donner un espace, un terrain de sept hectares à Assahoun qu’on devrait utiliser pour construire le site du festival.  Je pense que ce domaine existe toujours.  Donc si on doit reprendre ce projet, c’est possible de construire quelque chose de durable autour de ça.  Ce serait un projet culturel d’envergure avec un système managérial et une direction artistique à la hauteur. Le FESTHEF ne peut plus être l’apanage des gens d’Assahoun. Il doit devenir une vitrine pour la localité mais ouvert sur la région, sur toute l’Afrique. Cela doit être étudié par les promoteurs et j’espère que les gens vont continuer à y penser et reprendre l’idée dans la dynamique des entreprises et industries culturelles et créatives telles qu’elles se positionnent actuellement dans l’espace régional.

La vérité est que la dynamique culturelle répond à des contingences qui sont mouvantes.

A l’aune de votre expérience, quel serait le profil type d’un festival pérenne ?

Il y a deux ans, j’ai été contracté par la Commission de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, ndlr) pour réaliser une étude sur la création du Mécanisme de promotion des entreprises et industries culturelles et créatives de la région. J’ai parcouru les pays de l’espace et j’ai constaté que la situation n’est pas reluisante pour les festivals, comme pour d’autres filières également.  Bien entendu, il faut savoir qu’un festival est une entreprise culturelle. Et pour pérenniser un tel événement, ce qu’il faut, c’est déjà d’avoir un plan stratégique qui permet de se fixer une vision et une mission claires. C’est d’avoir aussi une stratégie de mobilisation de ressources qui permet quelle que soit la situation qui se présente, d’être en mesure de fidéliser un certain nombre d’adeptes, une clientèle, des usagers… C’est également d’avoir une politique commerciale parce que même si la rentabilité de la culture ne se voit pas de la même façon que n’importe quel produit sur le marché effectivement, ou que la culture ne génère pas des bénéfices comme la boutique du coin, elle reste une entreprise qui fournit des services.

La relation que le festival entretient avec les artistes, les compagnies de théâtre, les dramaturges, les metteurs en scènes, les diffuseurs, doit être développée. Le festival est un espace d’expression ou des valeurs sont promues. C’est un réceptacle et un canal par lequel des idées sont véhiculées. Et pour le pérenniser, il faudrait penser à tous ces éléments et avoir un modèle économique qui permet d’engranger du revenu pour entretenir le personnel, les installations et le service fourni. Ensuite, il faut assurer la visibilité de l’évènement. Il faudrait qu’on distingue un festival d’un autre. Quand vous prenez le FITHEB (Festival International de Théâtre du Bénin, ndlr) au Bénin qui était constamment financé par l’Etat, cela n’a pas empêché le festival de décliner au fil des éditions. Il y a d’autres festivals au Sénégal, au Mali ou encore au Cameroun qui ont disparu. La raison n’est pas que les pouvoirs publics qui étaient les principaux bailleurs n’aient plus d’argent. La vérité est que la dynamique culturelle répond à des contingences qui sont mouvantes. Les politiques culturelles des Etats telles qu’elles sont mises en œuvre ne permettent pas aux entrepreneurs de disposer de tout ce dont ils ont besoin, et aux créateurs de vivre de leur art, et rassurer les autres intervenant de la chaîne de valeurs d’y croire et s’engager durablement dans ce secteur.

En définitive, il faut repenser toutes ces choses et permettre à ceux qui investissent dans le secteur d’avoir un certain nombre de garanties, d’avoir le soutien dont ils ont besoin. Ce n’est pas de l’aumône que les artistes créateurs ou les promoteurs culturels ont besoin. Ils veulent qu’on comprenne qu’ils interviennent dans un secteur assez spécifique qui doit être encadré et protégé. Nous parlons de la culture et du patrimoine qui ont besoin d’un certain nombre de garanties pour préserver la dimension intrinsèque qui assure notre identité. Dans ce domaine, s’agissant des événements culturels, les revenus ne doivent pas provenir seulement des spectacles que l’on vend mais aussi des concours de financement comme on en voit ailleurs.  Je suis convaincu qu’il y a aujourd’hui des gens en Afrique qui ont de l’argent, qui peuvent investir, soutenir l’art, devenir des mécènes… Vous avez vu en Europe après l’accalmie de la COVID19 comment les festivals renaissent. Le public là-bas ne peut admettre longtemps que ces événements ne soient plus organisés.  C’est la même chose qui doit se passer dans nos pays, qu’on comprenne qu’un événement culturel fait partie de l’âme de la population. Il faut que les décideurs politiques comprennent cela. Créer les conditions nécessaires pour que les financiers soutiennent ce genre d’entreprise.

Je puis vous dire que la culture et les industries culturelles et créatives ont vraiment de beaux jours devant elles.

Vous avez plusieurs fois fait allusion aux industries culturelles et créatives. Ne sont-elles pas finalement un effet de mode ? Ont-elles de beaux jours devant elles ?

Tout à fait. En Afrique, dans la culture comme dans d’autres domaines, par exemple le secteur minier, les infrastructures, les banques, finances et autres, on dit que le continent est un terrain vierge. Il y a tellement de choses à faire ; l’Afrique c’est la nouvelle frontière. C’est à nous de le comprendre avant les autres. Il en est de même en ce concerne les industries culturelles et créatives. L’Afrique a tellement à offrir au monde qu’il y a des mines de culture qui ne sont même pas encore explorées, pas seulement sur le plan de la création mais aussi sur le plan de l’identification des produits culturels qu’il faut façonner selon les goûts de notre public qui évoluent. Les chaînes de valeurs dans plusieurs filières ne sont pas encore totalement identifiées et exploitées comme il faut. Le marché n’est pas bien structuré. Vous voyez le même créateur qui est promoteur, diffuseur ou distributeur… Au final, il s’épuise et n’arrive pas à être rentable ou efficace.

Je suis content de mettre mon expérience dans des recherches et réflexions au plus haut niveau pour développer la culture et en faire un vecteur économique. Des efforts notables se font déjà. Les Etats comme les organismes sous-régionaux prennent des mesures que je trouve encourageantes. Tel est le cas de l’UEMOA, de la CEDAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, ndlr). Ma firme vient d’entamer une étude au Mali pour évaluer l’impact de la culture sur l’économie du pays. Cela veut dire que le Mali est conscient qu’il y a beaucoup d’acteurs culturels, beaucoup d’artistes, il y a des créations et un public qui existent et que l’économie de la culture est une réalité. C’est ce que d’autres Etats doivent faire également. Il y a une dizaine d’années, j’ai dirigé l’étude sur le répertoire des organismes culturels d’Afrique de l’Ouest. Je puis vous dire que la culture et les industries culturelles et créatives ont vraiment de beaux jours devant elles.

Qui dit industrie, dit financement. Que préconisez-vous pour davantage de financement du secteur ?  

Je préconiserais qu’il y ait de plus en plus de spécialisation dans le secteur. Que le cinéma soit soutenu parce que c’est le cinéma, que théâtre soit connu, que le livre, le multimédia ou l’artisanat d’art soit identifiés comme ils sont. Chaque filière doit être connu et promu. En matière de financement, il faudrait que la production, la circulation et la diffusion des œuvres puissent être facilitées. Qu’on ne crée pas les mêmes barrières comme pour les autres produits et services commerciaux. Lorsque par exemple dans la sous-région ouest africaine, on parle de libre circulation des services, produit et des biens, c’est bien de globaliser. Maintenant quand on harmonise les règles, il faudrait se rappeler que la culture est très particulière et qu’on ne la soumette pas aux mêmes conditions que les autres services et produits.

L’autre élément, c’est qu’on puisse promouvoir davantage les échanges entre nos pays et le reste du monde. Cela suppose qu’il y ait des politiques culturelles qui sont faites en prenant en compte la dimension économique.

Vous l’avez peut-être remarqué : il y a de moins en moins de compagnies de théâtre en Afrique de l’ouest ; parce qu’il y a moins de festivals, la diffusion est limitée, le public devient rare. Les gens créent pour un objectif précis. L’Europe attire moins certaines formes d’art et il y a de moins en moins aussi d’artistes qui croient qu’ils peuvent vivre de l’art. Que les gens comprennent aussi qu’il y a des efforts à consentir sur le plan de la formation, pour non seulement renforcer les compétences de ceux qui se lancent dans le domaine mais aussi développer les filières et professionnaliser les créations. Je pense que c’est le grand enjeu, la professionnalisation. Aujourd’hui, le digital par exemple prend de l’ampleur. C’est de l’innovation et il est transversal. Les nouvelles technologies transforment beaucoup de choses. Il y a une façon aujourd’hui de faire des expositions par exemple pour l’art plastique en ligne sans se déplacer. On ne promeut plus la musique aujourd’hui comme il y a 10 ans. YouTube, Facebook, TikTok et Instagram sont passés par là. Ces choses-là doivent être apprises mais il n’est pas dit non plus que c’est l’artiste créateur qui commercialise. Il y a beaucoup de choses à faire et je pense que si les promoteurs culturels, les operateurs culturels prennent conscience de cela et ont l’accompagnement dont ils ont besoin, on peut espérer que l’avenir soit sur de bons auspices.

Le financement de la culture appelle tout un modelage institutionnel et normatif au niveau régional. Nos pays pris individuellement sont trop étroits comme marché. Mais l’ambition est là.  Il faut créer un nouvel environnement, mettre en place des dispositifs financiers et éduquer les nouveaux acteurs de la révolution culturelle en marche.

Propos recueillis par Dzifa Amée Atifufu ©www.noocultures.info / avril 2022
Retranscription : Bibata Diallo Sanogo (Stagiaire)
Relecture : Eustache Agboton

laissez un commentaire

Envoyer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.