Photographie : Ces 08 africains à suivre de près

Photographie : Ces 08 africains à suivre de près

www.noocultures.info – Après avoir interrogé des galeristes, commissaires d’exposition, photographes et amoureux de la photographie africaine contemporaine, la rédaction de noocultures.info dresse une liste – subjective – de 08 photographes africains dont le travail se remarque de plus en plus. Les approches de ces photographes ont fini par retenir l’attention du monde de l’art et leur côte ne cesse de grimper. Mais leur point commun, au-delà de l’appartenance au continent, reste leur sujet : presque tous ont trouvé dans l’art photographique, un moyen de montrer le vrai visage de l’Afrique. Avec eux, la photographie africaine devient “une métaphore de la situation du continent” et correspond à ce que l’on appelle une photographie sociale « chargée d’assurer un dialogue social », comme le souligne Vincent Godeau dans une thèse de doctorat soutenue en 2010 à la Sorbonne sur la photographie africaine contemporaine. C’est encore plus vrai avec ces 10 photographes. Palmarès.

Image d’illustration : Photo tirée de We Live in Silence (2017) © Kudzanai Chiurai.

1. Justin Dingwall – Afrique du Sud

Justin Dingwall (né en 1983) est un photographe artistique basé à Johannesburg. Il a obtenu un baccalauréat Technologies en photographie Cum Laude de l’Université de technologie de Tshwane en 2004. Dingwall a exposé à la fois localement en Afrique du Sud et à l’étranger. Il a été sélectionné pour divers prix, notamment le SA Taxi Foundation Art Award 2015, Sasol New Signatures 2014 et IPA – int Photography Awards 2013. L’artiste crée des images qui résonnent avec émotion et défie les notions traditionnelles de beauté. Ses œuvres penchent vers l’insolite, et les avenues moins fréquentées avec des nuances culturelles.

En savoir plus sur Justin Dingwall : www.justindingwall.com

2. Ishola Akpo – Bénin

Ishola Akpo, né en 1983 en Côte d’Ivoire, est un photographe et artiste multimédia originaire du Bénin. Il travaille entre Cotonou et Paris. A travers la photographie, il expérimente les possibilités du numérique et renouvelant le genre du collage. Il mélange ses thématiques à travers des images mixtes, entre réalité et fiction, principaux centres de son travail. Ses photos sont l’expression de la culture, notamment la mise en scène de son propre corps et les autoportraits, où s’exprime le besoin pour l’être humain de renouer avec ses origines.

Son travail a régulièrement été présenté à l’international (11e Festival international de la photographie à Alep en Syrie, à Photo Off, aux Rencontres de la photographie d’Arles, au Wiels Museum à Bruxelles, etc). Il entre en 2015 dans la collection du Musée du Quai Branly (Paris, France) et présente en 2016 à Lagos Photo Festival (Nigeria) la série L’essentiel est invisible pour les yeux.

En savoir plus sur Ishola Akpo, www.isholaakpo.com

3. Joana Choumali – Côte d’Ivoire

Joana Choumali © Lauren Butcher (Bolton & Quinn)

Artiste engagée, née à Abidjan en 1974, l’artiste ivoirienne Joana Choumali vient de remporter le 8e Prix Pictet, premier prix international de photographie consacré au développement durable, avec un concours cette année autour du thème « Hope » (« Espoir »). Sa série « Ça va aller » capte les jours après l’attaque djihadiste survenue en mars 2016 à la station balnéaire de Grand-Bassam près d’Abidjan. Déjà en 2009, Joana Choumali documente les bidonvilles avec sa série Ces invisibles. L’année après, elle s’intéresse aux mannequins de vitrine aux formes généreuses, signe de prospérité et de santé, puis se fait remarquer à travers une série consacrée à la scarification rituelle, mais surtout à travers ses photographies brodées qui l’amènent à la Biennale de Venise et aux Rencontres de Bamako en 2017.

En savoir plus sur Joana Choumali : www.joanachoumali.com

4. Hassan Hajjaj – Maroc

Hassan Hajjaj, photographe marocain habitant à Londres, crée son univers photographique en mêlant culture orientale et occidentale. Au départ attiré par la mode puis par le design et l’art contemporain, il finit par se rediriger vers la photographie.

Le travail de Hassan Hajjaj est une forme de célébration de la culture visuelle populaire du souk, un espace social, symbole d’interaction et d’échange. L’artiste emprunte à la culture marocaine, utilise des stéréotypes picturaux tels que les odalisques ou les images de marques avec leurs logos-cultes. C’est avec audace qu’il assemble et oppose éléments orientaux et occidentaux, pour créer un univers riche et universel. Le soin qu’apporte Hassan Hajjaj à l’encadrement de ses photos rappelle le degré de finition dans la répétition des motifs de l’art décoratif islamique.

Ses œuvres ont intégré des collections de renom dont le Musée d’art du comté de Los Angeles (Etats-Unis), le Musée des Beaux-Arts de Virginie (Etats-Unis), l’Institut des Cultures d’Islam de Paris (France), le Musée Victoria et Albert (Royaume-Uni), la collection Barjeel (Emirats Arabes Unis)

5. Mário Macilau – Mozambique

Mário Macilau est né en 1984 à Maputo, au Mozambique. Enfant des rues, il a cumulé les petits boulots pendant des années avant de découvrir son talent pour la photographie. Ses projets à long terme témoignent des conditions de vie de personnes exclues de la société dont il a gagné la confiance. Ses photographies ont été exposées dans des galeries aux États-Unis, au Portugal et dans plusieurs pays africains. Macilau est l’initiateur du International Maputo Foto Festival (Mafoto).

6. Lakin Ogunbanwo – Nigéria

Né à Lagos en 1987, Lakin Ogunbanwo fait partie de ceux qui ont lâché des carrières conventionnelles pour suivre leur passion. En effet, diplômé en droit, c’est la photographie qui a eu raison de lui et il l’exerce depuis 2012. C’est à cette même période qu’il a commencé à s’intéresser aux différences culturelles entre les ethnies de son pays, le Nigeria. D’abord autodidacte, il s’est finalement rendu à Paris pour des études professionnelles à l’Institut de photographie Spéos.

Son travail présente des portraits audacieux et provocants, ainsi que de la mode, souvent mis en contraste avec des couleurs vives et des paysages urbains de Lagos. La série d’Ogunbano défie tranquillement la culture conservatrice du Nigéria. En 2013, CNN l’a présenté comme l’un des «nouveaux photographes les plus passionnants d’Afrique». En 2015, dans son édition annuelle Ones to Watch, le British Journal of Photography le présente comme l’un des 25 meilleurs photographes de l’année.

7. Gosette Lubondo – RDC

Gosette Lubondo est une photographe et artiste visuelle Congolaise basée à Kinshasa. Diplômée en communication visuelle à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, elle est inspirée depuis son plus jeune âge par le travail de son père, photographe de profession. Elle a participé à plusieurs ateliers de collectifs kinois. Le travail de Gosette Lubondo aborde le thème de la mémoire et de l’histoire des espaces mais aussi des personnes. Elle utilise la photographie pour créer une intersection entre le présent et le passé et constitue également une archive du futur, tant par la mise en scène que par l’autoportrait.

Lauréate des Résidences photographiques du Musée du Quai Branly en 2017 et finaliste du Goethe Institut Masterclass, elle a présenté son travail dans plusieurs expositions collectives telles que Seven Hills (Biennale de Kampala) 2016 ; Héliotropisme, Collection si Particulière, Arles 2017 ; Eblouissement (Biennale de Lubumbashi), Musée National de Lubumbashi 2017 ; Stories (African Business and Economic Forum) Egypte 2017 ; Kinshasa Chronique (Musée international des Arts Modestes, France) 2018 ; Congo Stars (Joanneum Museum, Autriche) 2018; Addis Foto Fest 2018

8. Kudzanai Chiurai – Zimbabwé

Kudzanai Chiurai, né en 1981 à Harare, est un artiste plasticien zimbabwéen qui vit aujourd’hui en Afrique du Sud. Il a fait ses études d’art à l’Université de Pretoria. Classé parmi les Zimbabwéens de la génération « Born Free », Chiurai a, dans ses premiers travaux, concentré son attention sur les luttes politiques, économiques et sociales dans son pays d’origine. Il s’est penché ensuite sur le problème de la xénophobie et du déplacement des personnes dans la partie méridionale de l’Afrique et a commencé à réaliser des films et des tableaux traitant de son vécu psychologique et physique au cœur de Johannesburg.

Parmi ses nombreuses expositions personnelles : « State of the Nation », Goodman Gallery project space, Arts on Main, Johannesburg (2011) ; « The Harvest of Thorns », The Assylem Atelje, Johannesburg (2012) et « Front Page », Mallorca Landings, Espagne (2013). Il a également participé à des expositions internationales telle la Biennale du Caire (2010) ; « Figures & Fictions : Contemporary South African Photography », Victoria and Albert
Museum, Londres (2011) ; Documenta 13, Kassel (2012) et « eMerging : Visual Art and Music in a Post-Hip-Hop Era », MoCADA – the Museum of Contemporary African Diasporan Arts, New York (2013).

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