Ouaga Film Lab : un impact positif pour le cinéma africain

Ouaga Film Lab : un impact positif pour le cinéma africain

www.noocultures.info – Depuis plus de 5 années, “Ouaga Film Lab” se positionne comme un espace de rencontres et d’opportunités pour les producteurs porteurs de projets cinématographiques. La 6e édition de cette rencontre internationale se tient cette année du 13 au 22 octobre 2021 à Ouagadougou au Burkina Faso. A cet effet, un bilan assez palpitant se fait dans le rang des bénéficiaires.

50 projets ont été accueillis, développés, coachés, chamboulés. Telle se présente la statistique après 5 années d’édition du laboratoire de “Ouaga Film Lab”. Le premier volet de ce laboratoire est entièrement dédié au développement et à la coproduction en Afrique de l’Ouest. Dans ce cadre, des producteurs sont accompagnés à travers leurs idées de réalisation cinématographique. Depuis la première édition, ce laboratoire permet à ces acteurs de finaliser leur projet. Ceci se fait à travers un objectif : « renforcer la compétitivité des réalisateurs et producteurs des pays de l’Afrique de l’Ouest dans les grands laboratoires internationaux ».

Dès son lancement, les producteurs ou entrepreneurs cinématographiques ont appréhendé le bien fondé du dispositif. C’est le cas de Félicien Assogba, réalisateur et producteur de film béninois. Avec son binôme Fredy Agblo, également cinéaste béninois, ils ont eu la chance de participer en 2016 et 2017 à “Ouaga Lab Film”. « Nous portions deux différents projets de long métrage fiction étalés sur les deux éditions. Il faut souligner que c’était dans un contexte particulier sinon qu’il n’est pas permis d’aligner plusieurs éditions à la suite en tant que participant », souligne Félicien Assogba. Comme opportunité, Félicien a obtenu, avec son binôme, des apports objectifs.

Ces apports ont favorisé le développement et l’aboutissement de deux projets notamment le projet de film “Agoodjie”. Cette œuvre a été portée sur l’édition 2017 et retravaillée sous le nom de “Hoovi Agoodjie” qui veut dire “L’amazone Jumelle”. Elle a reçu le prix “Sud Ecriture”, une bourse d’écriture et de réécriture du projet à Tunis.

Tout comme le réalisateur béninois et son binôme, Pierre Claver Zongo, entrepreneur cinématographique et producteur burkinabè, souligne l’opportunité que représente “Ouaga Film Lab”. En effet, il a bénéficié, grâce au projet “Wakat” du jeune réalisateur Jean-Baptiste Pazouknaam Ouédraogo, de deux bourses en 2018. Il s’agit d’une résidence d’écriture avec “Sud Ecriture” et l’autre avec « Poitiers Film Festival ». Ces différents cadres ont favorisé le développement du scénario. « Lorsqu’on parle de film d’auteur, il y a un long processus à suivre et qui demande du temps. De 2018 à aujourd’hui, nous avons assez avancé dans l’écriture du scénario », assure le producteur.

Contrairement à ces deux binômes, Stella Nzang, réalisatrice burkinabè, a bénéficié d’une seule bourse. Elle a eu cette opportunité grâce au projet cinématographique « Libre de partir, libre de rester », un documentaire d’Amina Weira, cinéaste nigérienne. Le documentaire a reçu, comme prix, une résidence d’écriture au Maroc.

Un creuset de visibilité

En 5 éditions, quatre (04) long métrages ont été finalisés et bénéficient d’une belle carrière dans de grands festivals internationaux. Quatre (04) sont en post-production. Six (06) projets sont en production. On compte également dix (10) projets en développement avancé et seize (16) sont encore en écriture. Pendant ces 5 années, “Ouaga Film Lab” a accueilli 100 participants dont 26% de femmes et 74% d’hommes, venant du Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Congo RDC, Côte d’Ivoire, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Guinée Conakry, Kenya, Mali, Niger, Nigeria, Ouganda, Rwanda, Sénégal, Tchad et Togo. Des chiffres qui renforcent la satisfaction des participants et des organisateurs et qui justifient la pertinence de l’initiative.

« Participer à un tel laboratoire peut aider un projet à être amélioré. Dans ce cadre, il y a des personnes qui sont là pour aider les participants à améliorer leur projet », explique Stella Nzang. Elle note que la particularité de ce laboratoire est qu’on y rencontre des participants dont les projets ne sont pas forcément aboutis. Mais grâce à l’esprit d’équipe et d’accompagnement des uns et des autres, un porteur de projet finalise ses idées. Il est alors important pour tout porteur de projet cinématographique de passer par un laboratoire comme le “Ouaga Film Lab”, conclut-elle.

Pour Félicien Assogba, « le cinéma repose sur un modèle de fonctionnement particulier qui demande du temps, beaucoup de réflexion, de stratégies et surtout des actions coordonnées de la part des porteurs de projets pour l’aboutissement d’un film ». Ainsi, les projets qui sont toujours en lice peuvent toujours être sélectionnés et finalisés. « J’invite ceux dont les films demeurent en lice à rester focus sur la ligne d’arrivée. Finir un film, court ou long, c’est la meilleure chose que je sache qui puisse nous arriver dans notre carrière », encourage-t-il.

Par Julien Tohoundjo ©www.noocultures.info

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