Oko Ashewo : l’improbable destin commun d’un chauffeur de taxi et d’une fille de joie

Oko Ashewo : l’improbable destin commun d’un chauffeur de taxi et d’une fille de joie

www.noocultures.info – Réalisé en 2015 par le nigérian Daniel Emekeoriahi, le long métrage Taxi Driver : Oko Ashewo expose la vie d’un jeune « villageois » qui débarque en ville plus précisément à Lagos suite au décès subit de son père chauffeur de taxi dont il reprendra le travail. Mais tout n’est pas rose… Loin de là.

« La nuit, tous les chats sont gris » a-t-on l’habitude de dire. Mais à Lagos, mégapole du Nigeria, tous les chats n’ont pas les mêmes couleurs la nuit. Il y a les blancs et les noirs. Et quand vous êtes jeune mécanicien, fraîchement débarquer du village pour reprendre le boulot de conducteur de taxi de votre père décédé, vous ne tardez pas à en faire les frais.

Entre arnaque, nouvelle vie et sous la « protection » de Taiwo (Odunlade Adekola), meilleur ami et associé de son défunt père, le jeune Adigun (Femi Jacobs) va immédiatement goûter aux réalités de la nuit de Lagos. Après avoir hérité du taxi de son père, il sera très vite guidé par Taiwo qui l’initie à la vie nocturne. Il y fait des rencontres diverses et devient le chauffeur « officiel » de Delia (Ijeoma Grace Agu), une fille de joie, au service de Baba mistura (Toyin Oshinaike).

Il brave l’interdiction de trop se rapprocher de cette « fille de la nuit » et n’hésite pas à l’héberger alors qu’elle est recherchée après avoir brutalisé à mort un « client ». Commence alors une course contre la montre pour non seulement sauver la fille mais aussi échapper aux soupçons de son protecteur. Mais la pègre veille.

Dans ce film de presque deux heures (1h 50’), Daniel Emekeoriahi aura réussi à exposer les dangers de la vie nocturne à Lagos en mettant en avant ceux qui les subissent au quotidien dans leur quête de bien-être : chauffeurs de taxi ou fille de joie. Tourné entièrement dans la nuit, le réalisateur a également réussi l’éclairage même si par endroit, des « lumières » inexplicables viennent résoudre le manque de luminosité.

Les plans utilisés, notamment dans les courses poursuites rappellent aisément le thriller américain “Collateral” dans lequel joue Tom Cuise, donné comme surnom à la voiture léguée à Adigun. Ces plans réussissent à maintenir en haleine le spectateur qui s’accroche au peu de suspens que le réalisateur a réussi à créer. Car, alors que le sujet de la vie nocturne dans les grandes villes est souvent abordé au cinéma, on s’attendait à ce que le réalisateur se démarque avec un enchaînement plus régulier du scénario.

On s’étonne par exemple, de voir une voiture sortir de nulle part pour prendre en chasse le chauffeur de taxi, alors qu’il venait de mettre KO ses “ravisseurs”. Dans l’une des ultimes scènes du film, le dénouement de la lutte de leadership entre Baba mistura et Taiwo avec l’apparition de Kakanfo qui réussit à éliminer “mystérieusement” les autres est inexplicable.

Somme toute, Taxi Driver : Oko Ashewo, premier long métrage du réalisateur nigérian reste un bon film pour le sujet qu’il aborde. On comprend aisément le succès qu’il a connu lançant la carrière de Daniel Emekeoriahi qui, depuis, a enchaîné les longs métrages, les uns aussi célèbres que les autres.

Par Eustache AGBOTON, Envoyé spécial à Tunis ©www.noocultures.info

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