Festival international de Carthage : Ocheg El denya de Abelhamid Bouchnek est un succès !

Festival international de Carthage : Ocheg El denya de Abelhamid Bouchnek est un succès !

TUNISIE – Le Festival international de Carthage (FIC) a officiellement débuté, le soir du jeudi 14 juillet, avec Ocheg El Denya, le nouveau spectacle musical signée Abdelhamid Bouchnek, au théâtre romain de Carthage.

Le réalisateur tunisien grandement apprécié du public, connu notamment pour son film d’horreur Dachra, mais également pour ses feuilletons, revient sur la scène culturelle tunisienne avec un premier spectacle scénique. Abdelhamid Bouchnek, de formation cinématographique, a ainsi fait le pari, pour cette 56e édition du Festival international de Carthage de présenter un projet inhabituel pour le scénariste, producteur et réalisateur, un format nouveau : le théâtre.  Pour ce faire, l’artiste a révisé l’un de ses succès télévisés en le réécrivant pour se conformer aux règles théâtrales.

La soirée a débuté avec un hommage à la joueuse tunisienne de tennis, Ons Jabeur, qui est récemment revenue à Tunis après avoir disputé la finale du championnat de tennis de Wimbledon, le 9 juillet dernier. À cette occasion, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Kamel Deguiche ainsi que la ministre des Affaires Culturelles, Hayet Kertat Guermazi, étaient présents et l’hymne national a donc retenti au sein de l’Acropolium de Carthage. La représentation a par la suite pris place sous un tonnerre d’applaudissement et du « tzaghrit », youyous poussés par les femmes à l’occasion des cérémonies.

Ocheg El Denya, spectacle d’ouverture du festival est  une adaptation de la série Nouba, célèbre feuilleton de deux saisons, diffusé durant les mois de ramadan 2019 et 2020, qui a su, replonger le spectateur dans l’univers de la Tunisie des années 1990 en suscitant un sentiment de nostalgie chez un grand nombre de Tunisiens. La représentation retrace l’histoire d’un jeune banlieusard passionné qui recherche son destin dans les rues sombres de la capitale tunisienne, rencontre l’amour, tout en essayant de se perfectionner à l’art du mezwed traditionnel, genre de musique populaire tunisienne. Une histoire de fiction touchante qui prend place dans la Tunisie des années 1990 et les souvenirs nostalgiques reliés à cette période.

Le spectacle reprend les éléments majeurs de la série télévisée d’origine. Les acteurs de la série, ou du moins la plupart d’entre eux, étaient de ce fait présents, aux côtés de personnalités importantes de la scène musicale tunisienne, pour partager un moment exceptionnel pour ce grand retour du festival.

Lotfi Bouchnak, grand nom de la musique en Tunisie, Hichem Sallem, Tlile Gafsi, Samir Loussif, Salah Farzit, célèbres noms de l’art musical populaire tunisien ont présenté des performances amplement acclamées par le public, aux côtés de Fethi Haddaoui, Rim Riahi, Bahri Rahali, Aziz Jebali, Amira Chebli, Hela Ayadi, Chedli Arfaoui, Bilel Briki, Mhadheb Rmili, acteurs de la série qui ont su retranscrire leur performance à ce nouveau format. N’oublions pas la troupe du ballet national de Tunis, qui elle, a accompagné, à travers des tableaux de danse populaire, les interludes musicaux. Le spectacle pluridisciplinaire, alliant danse, chant et bien sûr art théâtrale, offre donc une expérience plus vivante au spectateurs. Le public ressent un lien de proximité fort avec les acteurs et chanteurs ayant, le temps d’une soirée, la chance d’interagir avec eux.

Un spectacle complet où aucun détail n’a été délaissé. En effet, quelques scènes, issues de la série originale, ont été diffusées durant la représentation pour permettre à toute personne présente dans le public, ayant suivi le feuilleton assidument ou non, de pouvoir contextualiser l’histoire et l’avancée de celle-ci. De plus, la représentation musicale fait appel à tous les sens, que ce soit l’ouïe, la vue en passant par l’odorat avec du « bkhour », encens tunisien, dont l’odeur particulière se faisait ressentir jusqu’en haut des gradins.

Une soirée emplie de danse, de chant et de théâtre dont le public, hétérogène en âge, en est ressorti des étoiles dans les yeux et la voix cassée. Un pari gagné pour le réalisateur, qui effectue ses premiers pas dans le monde du théâtre, au vu des acclamations du public durant la totalité des 3h30 minutes de spectacle. Cette adaptation d’une série télévisée qui elle-même est une revisite d’un spectacle, présenté en 1991 au théâtre romain de Carthage par Fadhel Jaziri et Samir Agrebi, intitulé La Nouba. Un spectacle qui avait permis de sortir le genre musical du mezwed des quartiers populaires pour atteindre un public large. Un succès de l’époque auquel le réalisateur ne cesse de rendre hommage. Ocheg El Denya est simplement l’adaptation d’un succès.

Meriem CHOUKAIR, Stagiaire ©www.noocultures.info

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