12è Rencontres photographiques de Bamako : thématique, orientation, impact..., le Délégué Général se confie

12è Rencontres photographiques de Bamako : thématique, orientation, impact..., le Délégué Général se confie

www.noocultures.info – La 12è édition des Rencontres africaines de la photographie de Bamako s’est ouverte ce samedi 30 novembre dans la capitale malienne. Quelques jours avant cette ouverture officielle, Lassana Igo diarra, le délégué général de cette édition marquant les 25 ans de la manifestation s’est confié à noocultures.info notamment au sujet du thème retenu cette année et du rôle de la biennale dans la promotion des photographes africains.

Noocultures.info : L’édition 2019 des Rencontres de Bamako, la biennale panafricaine de la photographie se tient autour du thème « Courant de conscience », une thématique pour le moins atypique que nous interprétons comme une sorte d’interpellation pour un renouveau de la pratique photographique. Est-ce bien cela votre démarche ?

Lassana Igo Diarra : Le commissaire (le Camerounais Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, ndlr) devrait mieux expliquer le choix du thème qui émane de lui mais pour y avoir contribué aussi, je puis dire que ce thème aborde l’instantanéité photographique comme un courant entre le cerveau, les yeux, le regard et les différentes interprétations.

C’est une métaphore qui vient d’un morceau de musique (morceau éponyme de Max Roach et Abdullah Ibrahim, 1977) où il est aussi question de comment écouter la photographie, la sentir, aller dans les méandres de ce courant de flux d’images pour s’inspirer. Au demeurant, chacun peut l’interpréter à sa manière, transcender le sujet selon sa propre perception.

Comment ce thème se traduit-il à travers la sélection officielle que vous avez rendue publique ?

La sélection officielle est très hétéroclite. C’est d’ailleurs pourquoi je dis que les artistes ont transcendé complétement le thème. La biennale a pour tradition d’avoir un thème mais en même temps, il ne s’agit que d’un prétexte. Et pour moi, il revient aux artistes de l’interpréter en fonction de leur propre courant de conscience.

Mais ce thème constitue-t-il également un message pour une réinvention de la biennale et de son rôle dans le développement de la photographie en Afrique ?

Bien sûr, puisque cette année, c’est 25 ans donc il faut se réinventer. Les pionniers sont là, et il y a toute une nouvelle génération. Cette édition marque une sorte d’ouverture sur le monde africain également.

La biennale a été justement créée pour « aider les photographiques africains à sortir de leur isolement et à avoir accès au marché international ». Cet objectif est-il atteint et est-il toujours d’actualité ?

Oui, il est atteint. Largement. Et il est toujours d’actualité, parce que la biennale une plateforme. C’est une des seules manifestions où vraiment tout le continent dans sa globalité est présent. Au-delà des expositions, nous prévoyons des masterclass, des worskshops, des conférences pour permettre les rencontres. Et comme les invités arrivent de partout, on peut rencontrer des galeristes, des commissaires d’exposition, etc. C’est une opportunité unique pour la promotion des photographes.

Sont-ils plus compétitifs aujourd’hui sur le marché mondial que par le passé ?

Oui bien sûr. Il n’y a plus de grandes expositions au monde maintenant où n’y a pas de photographie africaine. La biennale a ouvert des voies incroyables à des photographes qui font aujourd’hui la fierté du continent. C’est indéniable.

Comment appréhendez-vous l’avenir de la photographie en Afrique, à l’heure du numérique ?

C’est complémentaire. J’estime que l’argentique a fait son temps et continue de faire son temps. Le numérique commence à faire son ton temps et continuera de le faire. Je pense que les artistes sont assez intelligents pour s’adapter aux différentes techniques. Donc, la photographie ne s’en portera que mieux.

Propos recueillis par Eustache AGBOTON ©www.noocultures.info

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